Etrange  ce soir, je me retrouve face à des clones vivants de mon passé, comme si j'étais spectatrice de ce qui avait pu m'arriver, de ce qui avait pu me constituer à certains moments de ma vie...

Amer ressenti d'être moi avec mes failles et béances juste sous la peau, invisibles à qui ne regarde que son nombril, à qui se dit à l'écoute des autres, qui veut connaître l'histoire de chacune, prendre beaucoup et donner peu, comme des sangsues ...Goût d'amertume car avoir l'air forte , "sage", ce que je ne suis pas, vous classe tout de suite dans la catégorie des sans cœur, de ceux qui ne ressentent rien, ...alors qu'en cessant d'être une éponge , en préférant le rire qui en dit autant, qu’ aux  larmes je me retrouve en exil, passagère de déroutes multiplicatives, ...

Strange life, d'apparaitre aux autres comme un bloc de béton, celles qui me connaissent seront mortes de rire en lisant cela, le béton est du carton pâte, un coup et tout explose, les murs s'effritent plus vite qu'ils ne se construisent...

De toute façon , que je sois un gouffre béant d'émotions et de souffrances ou un rire géant qui se meurt, je suis toujours autant inadaptée à la société, aux relations (voir le tout premier post :rouge )http://picturesfromnowhere.neufblog.com/picturesfromnowhere/2005/09/feeling_so_sad_.html , alors qu'importe ma vie puisqu'elle n'est qu'éphémère et heureusement, qu'importe le regard des autres sur la "sans cœur" que je peux être, il me ramène juste à mon enfance ou l'esprit et le cœur bouillonnants d'émotions confuses et contradictoires, je vivais sous les regards "bienveillants" de "ceux qui ont du cœur et qui souffrent", pas de haine, juste un certain mépris...Vous connaissez "le moi je souffre , je suis fragile" et " toi tu es forte, rien ne t'atteint"...il a rythmé mon enfance mon adolescence (si j'en ai eu une) quelques pas d'adulte en gestation et il rythme toujours les regards qui me transpercent aujourd'hui " de ceux qui ont un cœur".

Comme quoi il vaut souvent malheureusement  mieux être une victime dans notre société qui construit de toutes pièces des postulants à ce titre, peut être un jour sur nos chaines de télévision célébrera t on la meilleure victime de l'année , la plus tragique, celle qui cumule le plus de déboires, celle qui arrive à faire d'un grain de poussière un psychodrame, une biographie vendue à des millions d'exemplaires à des milliers de lecteurs/spectateurs nourris à l'abrutissement intellectuel et émotionnel et à la psychologie version "Elle"...

Exil sur une belle terrasse dans le noir en sweat, la belle vie est là, il y a des étoiles, que m'importe où je dors ce soir, où je serai demain, peu importe tout compte fait qu'on m'aime ou pas, je ne serai jamais comme Elle, jamais à rêver l'amour et vivre l'enfer, l'humiliation, le dernier stade qui nous sépare des bêtes...

Je suis et reste un être de culture, je ne crois pas au naturel, je suis Naïel, contraction de Nat-il/el qui est un prénom construit et choisi, comme peut l'être cette putain de binarité qu'on pense "naturelle" et qui régit notre société. NaÏel est là pour vous rappeler qu'il n'y a pas de nature, seulement des constructions sociales, politiques, culturelles...

And Naïel is a fucking transgender who likes fucking and be fuckeD