Destroy Genders or
Fucking Genders : pour une société non binaire. V2
présentation courte pour la version video
Male, female ? Masculin, Féminin ?
Ce pseudo « ordre naturel des choses » a-t-il encore un sens ? N’y aurait
–t-il pas autre chose au-delà du genre, qui serait encore « impensable », car
sans mots ? En quoi la binarité des genres et des sexes est un système
construit politiquement de contrôle des individuEs qui ne se fonde sur aucune
donnée « naturelle » valable aujourd’hui ?
Pourquoi certaines « identités » se heurtent-elles de plein fouet à la
binarité et ne peuvent s’y épanouir ?
Pourquoi cette violence ?
L’ordre Naturel des Choses serait-il le dernier tabou sans lequel la société
risquerait de se désagréger ?
Comment certaines revendications transgenre et intersexes, sont, aujourd’hui
ce qui peut permettre de remettre en question ces vieux fondements non naturels
de notre société, du masculin et du féminin ?
Ce projet, par les portraits de 17 personnes, leur discours, …leurs
révoltes... essaye de dire « l’indicible » :
Comment vivre dans des « identités » plus fluides, moins rigides… ?
- en refusant l’assignation forcée au genre et au sexe.
-En refusant de se soumette à l'injonction au genre et au sexe.
- en militant pour le droit à l’autodéfinition de son identité sans
exclusion, psychiatrisation, pathologisation, oppression…
- en remettant en question l’Ordre Naturel des genres et des sexes.
Il etait une fois , juché au-dessus des calanques, sous un soleil éclatant,
un monde idéal libéré de toute norme...Où chaque personne était respectée
...au-delà des apparences.
DRING! DRING! Le reveil (oui, je suis unE vieillE et n'ai pas encore mon
portable multiconsommations intégré) sonne..
Retour brutal à la réalité.
Je suis toujours sous un soleil éclatant, du 4ème étage de mon palace
"crous" j'aperçois toujours les calanques, MAIS...je ne suis pas à
Bisounours'Land...:
Du "salut les filles", au "c'était bien bien avec Le/La Mec/Fille d'hier
soir?" en passant par ."comment ça va jeune homme", "bonjour monsieur"...Je me
retrouve encore, de fait, genré-e par mon apparence physique...HIC!
Nous avons tout-e-s été éduqué-e-s dans et par un système hétéronormatif et
sexiste, avec une langue particulièrement genrée et des formules de "politesse"
genrées( qui ne sont pas toujours hypocrites et peuvent faire partie d'un
certain "take care"), qui assigne un Genre/Sexe en fonction de l'apparence
physique et qui continue encore ( malgré nos efforts de déconstruction) à nous
traverser quotidiennement.
Certaines personnes souhaitent être genrées indépendamment de leur
apparence physique, d'autres ne souhaitent pas être genrées, etc...Ce souhait
est plusqu'un souhait c'est juste le droit fondamental de toute personne à
s'autodéfinir , s'autodéterminer, à être libre de dire qui elle est...., à ÊTRE
tout simplement.
Je sens que malgré votre totale ouverture d'esprit, vous allez me dire:
"c'est bien beau tout ce discours MAIS, pratiquement , comment je fais..?
C'est très simple: vous rencontrez une autre personne , un
simple "salut", "bonjour" , "ça va"? ...ne genre pas les gen-t-e-s à
Priori.
Et immanquablement , vous allez me rétorquer ( car vous avez l'esprit très
ouvert), "pour le bonjour , c'est simple mais après? Si je discute avec la
personne"?
Si, dans votre discussion , la personne ne s'est pas genrée elle même pour
diverses raisons, vous pouvez tout simplement lui demander ce
qu'elle préfère:
le "elle" , le "il", le "iel", le "illE",...pleins de pronoms se
créent au fur et à mesure de nos
déconstructions/reconstructions/déconstructions...
ET réciproquement:
Si je suis par exemple une personne souhaitant être genrée au
masculin/féminin/ou non genrée/ou autre...et SI ,du fait des habitudes sociales
et du temps si différent qu'il faut à chacun-e pour déconstruire toutes les
normes, on me genre à priori et que celà m'agresse....
un peu de "zénitude"...
Dire tout simplement , moi c'est "il", elle, iel, illE...( chacun-e ayant
le libre choix d'expliquer ou non ; personne n'a à se justifier d'être!), d'une
manière calme et en prenant en compte son interlocuteur-e dans toute sa
dimension , permet tres souvent de désamorcer les violences, agressions
ressenties qui sont souvent dûes à un manque d'information et/ou une "mal
information" sur les questions de genre.
Essayons de ne pas oublier , en tant que personne, notre propre
cheminement, ce qu'il nous a fallu comme temps , rencontres avec d'autres pour
commencer à déconstruire tout celà...
BiSouNouRs' lAnD n'existera sans doute jamais , mais nous pouvons tout-e-s
ensemble essayer de tendre vers....
texte écrit pour les ueeh 2009
Naïel, fin juin 2009
Parce qu'il y en a marre de subir l'injonction à se genrer qui n'est en
fait qu'une volonté de confirmation de ce que la personne a vu de nous par
votre apparence!
Parce que partout c'est il ou elle et que cela n'a rien de naturel....parce
que le genre n'est pas la construction sociale d'un sexe qui serait
biologique....!
parce que le genre precede et produit le sexe!
parce que tout ca vous ronge de l'interieur, parce que votre place n'est
nulle part, parce que vous êtes toléréEs partout.......mais jamais
respectéEs
parce qu'il n'y a pas d'autres manieres de lutter contre le sexisme que de
s'enoncer différemment ...
parce que binarisme , genre, sexe, sexisme, racisme.....vont
ensemble..................
parce que seulE il n'ya pas de lutte possible.....
À la recherche de mon identité Porter un regard sur un corps qui
dysfonctionne, sur un corps qui s'écarte de la norme médicale Porter un regard
mais aussi montrer l'inmontrable, exprimer l'indicible pour pouvoir enfin
penser l'impensable renvoyé par la norme sociale et continuer à exister, à ÊTRE
au-delà des normes. Questionner l'identité, les genres et la répression sociale
qui peut s'exercer sur toute personne s'écartant volontairement des
constructions sociales préétablies et normatives (par exemple la notion de
féminin et de masculin). Diversité des genres. Dépasser une vision stéréotypée
et binaire de la construction identitaire de chacun(e). Reconnaître et
respecter l'identité de chacun(e). Dépasser le clivage masculin/féminin et
introduire toute une déclinaison de genres toujours en perpétuel mouvement afin
que chacun(e) puisse se poser la question : qui suis-je ?.